Les vénézuéliens construisent un nouveau modèle de communication, au-delà du médiatique.
mardi 12 mai 2009 par vive-be
Ce dimanche 9 mai 2009, le quotidien « Últimas Noticias » publie un entretien avec elle, nous vous proposons quelques extraits.
Le 16 avril 2009, Hugo Chavez a confié le ministère de Pouvoir Populaire pour la communication à la présidente de VIVE TV, Blanca Eekhout.
« Face au pouvoir médiatique (inter)national qui prétend dénaturer l’activité du Gouvernement, le peuple vénézuélien est en train de construire un nouveau modèle de communication qui va au-delà de ce qui est médiatique et se fond au contact direct avec les citoyens. La scène médiatique nationale et internationale oublie que dans cette guerre médiatique dirigé par les médias internationaux de 80 pays, soutenu par toutes les chaînes de radio, de la presse et de la télévision dans le monde, qu’un peuple puisse répondre a un tel bombardement. Il existe une communication humaine, horizontale et en dialogue directe, qui gagne le peuple vénézuélien, car autrement, après le 15-F nous ne serions pas triomphants en train de construire une révolution ».
Le ministre a souligné l’existence d’une « campagne qui cherche diaboliser le projet Bolivarien en dehors de notre territoire, ainsi qu’insulter ceux qui intègrent le Gouvernement et évidemment, beaucoup y croient. Ils n’agissent pas tous de mauvaise foi. Ils pensent que ce qui est dit est vrai. Comme ils ont pensé que les armes de destruction massive en Irak (dont l’existence n’a été jamais confirmé) étaient une menace pour le monde. Ils ont ainsi envahi un peuple sans défense ».
Une transition de l’hégémonie vers ce qui est collectif.
Dans la scène globale, le ministre a aussi signalé la prévalante du débat sur le pouvoir des médias, qui dans la plupart des cas terminent au service de stratégies de guerres, comme l’invasion à l’Irak par la reproduction médiatique d’un mensonge. « C’est pour cette raison, qu’il est prioritaire que ce pouvoir soit détenu par la société. Le droit à la communication, est un patrimoine de toutes et de tous, et qui nous détermine en tant qu’êtres humains, il ne peut être le privilège d’une minorité ou être l’espace des grandes transnationales médiatiques. En ce moment au Venezuela, il y a des intellectuels, des chefs du mouvement de travailleurs et paysan, qui débattent sur comment se convertir en sujets actifs et non passifs de la communication ».
« C’est dans ce sens que les actions du Gouvernement Bolivarien visent à créer une nouvelle vision de communication qui intègre le collectif, à travers des textes comme la Loi de Responsabilité en Radio et Télévision, qui établit l’existence de comités d’usagers, entre autres mesures, ainsi que l’élan de radios et télévisions communautaires. Les comités d’usagers, sont des instances qui doivent exister pour évaluer l’activité de tous les médias, qu’ils soient public ou privés. Dans le cas des médias communautaires, la législation est plus stricte, ils ont l’obligation que 70% de sa programmation soit faite par les communautés de son entourage. La majorité des médias communautaires sont au service des Communautés et ils sont donc l’outil de leurs Communautés. C’est un processus en construction. Il y en a certains avec des faiblesses et d’autres non. Les médias communautaires disent que jusqu’à présent, ils n’ont pas eu un soutient suffisant dans le cadre du mandat constitutionnel afin de disposer de toutes les ressources et exercer le droit à la communication ».
La révision : tâche impérative des médias internationaux.
« On peut constater une tendance énorme reflétée dans les corporations médiatiques qui obéissent à la vision de la droite, pouvoir de l’Empire. » Pour cette raison, elle propose une révision des médias internationaux afin de pouvoir apprécier la tendance dominante.
« C’est un modèle qui veut se défendre, le modèle Bolivarien est une proposition d’une autre vision du monde et sera évidemment attaqué en tant que tel. Cela est absolument logique, mais en outre, c’est ainsi. Si tu consultes un peu quelles sont les tendances de ce qui est des grandes transnationales de la communication au niveau de matrices, tu saurais que toutes sont répétées au même ton au même instant ».
« Le Gouvernement Bolivarien n’est pas l’objectif central des grandes corporations médiatiques, mais il y a des schémas qui circulent et sont attachées à ce grand pouvoir médiatique. En échange, il existent de réseaux alternatifs qui font face à la vision imposée par les médias traditionnels. Il y a aussi des médias contestataires, des réseaux alternatifs et des médias publics autonomes, il est donc évident qu’il existe une autre vérité. Mais il y a malheureusement une tendance énorme qui obéissent à un seul pouvoir. »
La fragilité accentue la guerre médiatique
« Des situations de vulnérabilité, comme le séisme vécu le lundi de la semaine passée, accentuent la guerre médiatique qui se vit dans le pays. Ceux qui prétendent déstabiliser, produisent un climat de panique, et de rejet. En ce sens, le Pouvoir Exécutif a fait un effort pour maintenir la confiance, la possibilité de vivre en union, en solidarité et de garantir au peuple vénézuélien la plus grande attention possible. Toute la politique du gouvernement Bolivarien s’est dédié à çà. »
« Le débat politique développé ces derniers temps a été accompagné de la majorité du peuple vénézuélien. Depuis 1989, et même avant, le peuple avait décidé les changements et a cherché un espace de vie qui lui permettrait d’être reconnu et être inclus dans la scène politique vénézuélienne. Ce fût le cas le 27 février 1989, et les multiples tentatives qui ont été faites jusqu’à ce qu’en 1998 la proposition Bolivarienne gagna. Une proposition de changement à laquelle de secteurs qui veulent maintenir des privilèges du passé offrent une énorme résistance, car ils ne croient pas dans un état de Droit et d’égalité ».
« Le Venezuela est le pays avec la plus grande liberté d’expression du monde. Ici on dit et on a déjà absolument tout dit contre le Gouvernement. Même si cela peut être bien, même si tout le monde peut applaudir, cette liberté est disqualifiée en permanence ou bien attaquée. »
Article en espagnol : http://www.rnv.gov.ve/noticias/?act...
vive-be
Articles de cet auteur
- Jean-Pierre Langellier procède à une nouvelle dévaluation du journalisme
- Henri MALER : Conflits médiatiques au Venezuela (3) : des suppressions liberticides du droit d’émettre ?
- L’impact social de VIVE TV
- Voir et entendre une révolution en direct
- VICTOIRE DIPLOMATIQUE A MANAGUA, DÉFAITE DU MONDE A PARIS.
- [...]
