El Caracazo s’avère un fait historique paradoxal. Lorsque Francis Fukuyama annonce « La Fin de l’Histoire », symbole discursif du triomphe du capitalisme sous sa forme néolibérale, le peuple vénézuélien se soulève contre un ensemble de mesures économiques du Fond Monétaire International. Les manifestations à Guarenas réveillent la société vénézuélienne le 27 février 1989 et, petit à petit, celles-ci se répandent vers Caracas et d’autres villes du pays. Ce qui avait commencé comme des manifestations spontanées, devient très rapidement une révolte populaire que le gouvernement ne tarde pas à réprimer avec l’armée. El Caracazo constitue un des événements politiques les plus marquants de l’histoire politique contemporaine du Venezuela. Son importance prend sa source non seulement dans la contestation de l’ordre néolibéral, mais surtout dans la rupture qui s’est produite dans la légitimité culturelle du système politique issu du « Pacto de Punto Fijo ». L’arrivée du « chavisme » au pouvoir peut être interprétée comme la constitution d’une nouvelle légitimité qui s’est mise en place sur les ruines de l’ancien système des partis. Roman Chalbaud, un de plus grands réalisateurs vénézuéliens, retrace dans El Caracazo les événements de février 1989. A partir de plusieurs personnages, comme celui du militant de gauche et ceux des militaires, il présente le regard et l’interprétation de plusieurs secteurs de la société vénézuélienne sur ces passages de l’histoire du pays de Bolivar.
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